
Originaire de Nice, j’ai passé tous mes étés sur la plage, alors les retraités - récemment descendus dans le Sud ou d’origine niçoise - je connais bien !
Je connais leurs manies, je m’en suis souvent moquée étant gamine, faisant exprès de me mettre à « leur place », d’envahir « leur espace ».
On sait qu’untel vient se mettre ici avec sa serviette rouge, qu’un autre et son parasol arriveront à 9h15 à gauche de la barrière et tout contrevenant se fera vertement houspiller.
Evidement, vu de l’extérieur, cela ressemble à un rituel curieux mais lorsqu’on les connaît, on comprend mieux qu’il n’y a ni manie, ni routine mais plutôt un respect mutuel.
Et à force de se voir, de se croiser, d’entendre certains me parler de la seconde guerre mondiale, j’ai eu envie de faire un film sur eux, sur leurs souvenirs.
Et le jour où j’ai dévoilé mon idée de documentaire, ils ont tous accepté à ma plus grande joie !
Leurs témoignages ne sont pas ceux de héros, de résistants ou de déportés, ce sont ceux des gens du peuple. Pendant la guerre, ils étaient enfants, leur vision des événements est donc différente des témoignages d’adultes et en cela, plus forte, plus rare.
En les écoutant parler, je n’avais plus devant moi des retraités, mais des gamins. Leur dynamisme et leur formidable joie de vivre transparaissent dans chacun de leurs mots et je les en remercie car grâce à eux, le film prend une toute autre dimension.